Article publié le 07 Janvier 2021 11:00:00
par Sophie CHAUDEY

Quels noms pour les animaux de refuge ?

Comment sont choisis les noms des nouveaux venus dans les refuges et des petits protégés des associations de protection animale ? Si les idées ne manquent généralement pas, chaque structure a développé ses astuces pour s’y retrouver.

2021 est l’année du « S » pour désigner la première lettre des noms des animaux de compagnie nés depuis le premier janvier. Cependant cette norme semble peu suivie pour nos amis à poils des refuges et associations. Et on le comprend. Rappelons que cette règle a été mise en place par la Société centrale canine en 1926 afin de mettre de l’ordre dans le Livre des origines français, le Lof, qui n’est autre que le registre d'état civil canin. Plus tard, le Loof, pour les chats, a adopté le même principe.

Ainsi, tous les chats et les chiens nés une même année ont en commun leur lettre initiale. Ce système concerne principalement les animaux de race et d’élevage, inscrits sur un registre et dont on veut connaître la généalogie.

Un nouveau nom pour une nouvelle vie ?

Pour les refuges et associations l’attribution d’une lettre par année n’est donc en aucun cas une contrainte à suivre. D’autant que la plupart des animaux pris en charge sont des adultes, déjà dotés d’un nom. La question de savoir s’il faut en changer se pose alors. Selon les structures, les pratiques diffèrent. Au sein d’Un cœur sur patte, association de Saône-et-Loire (71), les nouveaux venus reçoivent une nouvelle appellation, quand c’est possible. « Cela permet de marquer un nouveau départ, une nouvelle vie, justifie Vanessa Myotte-Pin, la présidente. Par exemple nous avons recueilli Calmos, un chien de gardiennage qui, une fois à la retraite, s’est retrouvé dans des conditions épouvantables ; il vivait dans ses excréments … Nous avons décidé de le rebaptiser Éros. »

Si l’on décide de changer un nom, il est ainsi important de conserver des sonorités proches du nom d’origine. « Nos adoptants sont libres de conserver ou pas le nom trouvé par l’association à leur animal. Mais lorsqu’un de nos chiens, chats ou NAC est habitué à un porter un nom, on recommande de le conserver, afin de s’assurer qu’il va se reconnaitre lorsqu’on l’appelle » détaille ainsi Sabrina Gros, présidente de l’association An Ti Loened - la Maison des animaux en Seine-et-Marne (77). Cette dernière précise qu’il est possible d’informer l’Identification des Carnivores Domestiques, l’I-CAD, d’un changement de nom lors du transfert de propriété.

Nommer un animal, un acte pas si anodin

Pour les animaux nouveau-nés où ceux dont on ignore tout, le choix d’un nom s’impose. La décision est alors le plus souvent collective, associant les bénévoles mais aussi parfois les parrains, comme cela se pratique au sein de l’association Un cœur sur patte. Outre leur soutien financier, les parrains et marraines peuvent ainsi développer une autre forme d’attachement avec les boules de poils sur lesquelles ils veillent.  

Car nommer un animal n’est pas un acte anodin. Cela lui donne une identité, une histoire et marque les liens que nous tissons avec eux. Chez An Ti Loened, les familles d’accueil ont ainsi naturellement leur mot à dire dans le choix d’un nom pour leurs petits protégés. « C’est une façon de tous se sentir impliqués » explique Sabrina Gros.  

A l’inverse, comme nous l’indique l’AFELP, Association féline de Pontoise et Cergy (95), les chats libres n’ont le plus souvent pas de nom. Si cet anonymat est d’une certaine manière le signe de leur indépendance, les raisons sont essentiellement pratiques. « On s’occupe de beaucoup de chats différents, et ce ne sont pas toujours les mêmes que l’on recroise » nous explique Vanessa, bénévole de l’association.

Washington, adopté le 12/12/2020 ©An Ti Loened

Trouver l’inspiration

Même si tout le monde met volontiers son grain de sel au choix d’un nom, il arrive parfois que les équipes soient à court d’idées. « Dans ce cas, notre vétérinaire nous aide » précise Vanessa. Sinon, les associations ont souvent recourt au système des thématiques. C’est à dire qu’elles choisissent les noms de leurs animaux en fonction d’un thème retenu. « En ce moment par exemple nous sommes sur les États et les villes des États-Unis détaille Sabrina Gros d’An Ti Loened. Nous avons comme cela trouvé un nom pour Montana, un chat que nous avons recueilli et qui a été adopté. »

Faciliter l’organisation

Outre le côté ludique, la technique de la thématique revêt un aspect pratique non négligeable pour la gestion et l’organisation de l’association ou du refuge. Elle remplace en ce sens la règle des lettres par année, instituée par le Lof. « Lorsqu’une personne m’appelle pour me parler du chat Washington qu’elle vient d’adopter, je vois tout de suite de quel animal il s’agit, poursuit Sabrina Gros. En général, nous essayons de trouver des noms pas trop communs à nos animaux pour les identifier plus facilement. »

Autre règle, adoptée par l’Afelp cette fois : la structure s’oblige à « attribuer un nom différent à chaque chat arrivé au cours d’une même année. » Là encore, il s’agit de permettre aux bénévoles de gérer plus facilement le suivi des animaux, de leurs familles d’accueil ou leurs éventuels adoptants.